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Pierre Wittmann
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Pierre : le peintre

Pierre : le peintre

Né à Genève le 7 juillet 1943, d’une mère artiste peintre et d’un père écrivain, Pierre Wittmann étudie l’architecture à l’université de Genève, puis crée en 1971 une société d’arts graphiques et d’édition qu’il dirige jusqu’en 1975. Il s’installe l’année suivante à Musiège, un petit village de Haute-Savoie, pour se consacrer à la peinture. Après plusieurs voyages d’étude aux États-Unis et en Amérique du Sud, il quitte l’Europe en 1981, d’abord pour l’Arizona, puis pour Tahiti, où il découvre le yoga et le zen. En 1988, sa quête spirituelle le conduit en Thaïlande ; il vit d’abord à Bangkok, puis à Hua Hin, et depuis 1997 à Chiang Mai. Depuis qu’il a quitté l’Europe, Pierre est toutefois revenu presque tous les étés en France, d’abord à Musiège, et depuis 2007 à Cabrières d’Aigues, en Provence. 

Si dans ses nouveaux pays d’adoption, la peinture continue d’être sa principale activité, en 1984, à son arrivée à Tahiti, Pierre commence à écrire un Journal ; puis il publie en 2002 son premier livre, Le guide du bonheur pour le troisième millénaire. À partir de 2006, l’écriture prend plus de place dans sa vie : elle commence à rivaliser avec la peinture.

La peinture de Pierre Wittmann se divise en deux périodes distinctes, qui toutefois se chevauchent : une période figurative, de 1977 à 1988, et une période abstraite ; même si l’abstraction surgissait déjà de temps à autre dans les peintures figuratives, elle s’installe progressivement pendant le séjour à Tahiti et s’impose vraiment dès l’arrivé en Thaïlande.

Pendant sa période figurative, Pierre peint des sujets contemporains, des visions du monde où il vit : la voie piétonne de Lyon, les golfs de Divonne et d’Aix-les-Bains, Creys-Malville et sa centrale nucléaire, et plus tard les canyons et les paysages désertiques d’Arizona. Il peint aussi les souvenirs et les expériences qu’il rapporte de ses voyages : la solitude de l’homme dans les rues de New York, la douce nonchalance d’un jour férié à Venise, les perspectives baroques des trottoirs de Buenos Aires, l’évolution de la foule devant le Centre Pompidou à Paris, les plages ensoleillées de Copacabana et d’Alexandrie, la vogue du patin à roulettes en Californie, les structures géométriques des gratte-ciel de Denver et Dallas. À Tahiti, les sujets reflètent sa rencontre avec les peuples du Pacifique, sa découverte de leurs traditions, de leur art et en particulier de leurs danses ; et aussi les visions architecturales qui le fascinent pendant ses voyages : au Pérou, en Australie, en Corée, au Japon.

En 1985, à la suite d’un long séjour en Corée pour étudier la calligraphie chinoise, les Calligraphies couleurs sont les premières peintures qui abandonnent le sujet figuratif pour le remplacer par des symboles : les idéogrammes chinois. Elles seront suivies, pendant les années polynésiennes, par LettresGéométries sacréesTextes sacrésAlphabets et Apprendre le thaï. À Bangkok, les peintures deviennent encore plus abstraites et les sujets s’inspirent du bouddhisme : Les Quatre Nobles VéritésImpermanenceAperçu de la vacuitéLumière arc-en-cielMantras tibétainsClaire lumière.

À Hua Hin, le bouddhisme n’est plus prépondérant, d’autres sujets spirituels apparaissent : Yi Jing et Ennéagramme ; puis des séries de Compositions multicolores et de Motifs de lumière où même le support des symboles et des thèmes spirituels disparaît. À Chiang Mai, c’est la lumière qui devient le thème essentiel : Rayons de lumièreOmbre et lumièrePeintures de lumière. En 1996, Pierre commence à s’intéresser aux médecines alternatives, étudie le reiki et d’autres techniques de guérison : les Peintures de lumière, en 2000, deviennent des Peintures de guérison.

En 2006 et 2007, les Peintures tantriques reflètent la nouvelle orientation de sa quête spirituelle, à la suite de sa rencontre avec Éric Baret et le yoga tantrique du Cachemire. En 2008, la série Silence évoque la rencontre du silence intérieur et des églises romanes de Provence. Dès 2009, des peintures plus lyriques, MouvanceMutation et Poèmes de couleurs, tentent d’exprimer le lien intime que Pierre découvre, dans sa quête spirituelle, entre la peinture et la poésie. En 2009, Pierre publie un livre sur sa peinture, Peinture, peintures, et une série de 12 cartes postales.

En 2010, Pierre commence une nouvelle série, Espace. À part trois peintures, les autres resteront inachevées, et il cessera de peindre jusqu’en 2014 : il avait l’impression d’être arrivé dans une impasse. Il se concentre alors sur l’écriture et la correction de son Journal. Pendant cette période, il continue toutefois à faire des expositions et des accrochages en Provence. En juin 2014, il commence la série Plénitude, des peintures dépouillées de tout lyrisme, composées d’un rond ou sphère au milieu d’un fond vide. Les dix premières peintures sont exposées le mois suivant au presbytère d’Ansouis. Deux ans plus tard, en été 2016, il continue la série Plénitude : trente nouvelles peintures pour l’exposition d’Ansouis.

En 2018, Pierre décide de vendre sa maison de Cabrières d’Aigues : sa principale préoccupation est de trouver que faire des 600 tableaux qui s’y trouvent plutôt que d’en peindre de nouveaux. En septembre, juste avant son départ pour la Thaïlande, il rencontre Patrick Muni, qui lui propose d’acquérir la totalité de son atelier. Le problème des tableaux est résolu. En été 2019, Pierre transporte les tableaux, les dessins, les estampes et tous les documents qui concernent sa peinture à Cadenet, dans un local que Patrick Muni vient d’acheter pour y créer une galerie d’art, la galerie Contrastes. 

La peinture figurative de Pierre Wittmann est proche de la nouvelle figuration et des hyperréalistes ; toutefois, si son message se dégage d’un cadrage très personnel de la vision du monde, ses sujets sont également le point de départ d’une composition esthétique et d’une recherche de couleurs. Pierre utilise la peinture acrylique, qui convient fort bien à son graphisme simple : les formes définies d’un seul trait sont traitées en aplats de couleurs vives. La fraîcheur et la vitalité de son style se retrouvent dans les nombreuses sérigraphies qu’il a éditées en Suisse et aux États-Unis.

En passant à la peinture abstraite, Pierre Wittmann n’abandonne pas seulement le support des sujets et des formes figuratives – paysages et personnages – mais aussi l’emploi systématique de formes bien délimitées et d’aplats. Les surfaces de couleur deviennent plus nuancées et franchissent les traits du dessin. Dans les Peintures de lumière et les Peintures de guérison, le dessin disparaît complètement : il ne laisse la place qu’à des taches de couleur. Mais les structures, les lignes, la géométrie, chères à l’architecte, sont souvent sous-jacentes et réapparaissent par périodes.

Ce qui n’a pas changé, à travers toutes ces périodes et tous ces sujets, ce sont les couleurs, toujours vives et lumineuses ; leurs jeux, leurs harmonies, leurs contrastes, reflètent une vision gaie et colorée du monde – qu’il soit intérieur ou extérieur – et la joie de peindre. C’est cette lumière que Pierre Wittmann n’a cessé de poursuivre dans ses voyages et dans la recherche de ses lieux de vie : l’Arizona, Tahiti, la Thaïlande, et la Provence, où chaque matin, devant ses fenêtres, la montagne Sainte-Victoire lui faisait un clin d’œil…


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