Arbre sacré 2015


À l'occasion du

Festival « Rêves de Cèdres »

le 21 juin 2015 à 14h30

Cérémonie du sacre d'un arbre remarquable :
un des plus vieux et des plus beaux cèdres 
de la Forêt des cèdres du Petit Luberon (Vaucluse)

Sacré cèdre

par Stéphane Dubois


Évidemment devant un tel arbre, comment ne pas être saisi :

De stupeur comme par la foudre que jadis il subit,

D’une friction à notre propre chair,

Par la force de conviction, surtout dans l’adversité,

Du désir d’une élégante ascension... 


Comment ne pas avoir envie de tendre la main à son voisin,

De transmettre sa vie, 

De s’en remettre à son destin, 

De rompre avec l’accessoire,

De s’imaginer un possible.


Il a l’air de dire :  « On ne me la fait pas à moi,

Trouve ton chemin, ou viens jouer avec moi,

Tu sais la vie est courte même pour un cèdre,

mais elle se prolonge dans nos actes jusqu’aux confins de nos extrémités ! »


Tu me révèles par ce que tu m’enseignes,

Tu m’invites à être,

alors oui tu es un sacré cèdre et sois mon arbre sacré.


Respirons le bon air tous ensemble 

Rencontrons-nous dans cet univers 

Laissons danser notre âme dans le vent et la pluie, dans le feu, et sur terre, dans l’ombre et en pleine lumière 

Nourrissons-nous de ces parfums et ces silences, vivons la musique qui partout circule 

Soyons dans la certitude de l’instant présent, dans le bonheur d’être à notre place,

Rêvons éveillés, en amour, respectueux du tout, et déjà de nous-mêmes. 


Cérémonie de l’Arbre sacré

par Pierre Wittmann  


L’arbre

Solidement enraciné dans la terre, l’arbre s’élève majestueusement vers le ciel. Il crée un lien entre la terre et le ciel, le visible et l’invisible, le matériel et le spirituel. Symbole de stabilité, de vigueur, de fécondité, de longévité et de paix, l’arbre joue un rôle capital dans la biosphère. Il régule les échanges gazeux et le cycle de l’eau, stabilise les sols, maintient les équilibres sub­tils des écosystèmes, favorise la biodiversité, abrite et nourrit la vie animale.


Le sacré

Le sacré est un sentiment d’émerveillement, de respect et de gratitude pour ce qui dépasse notre perception ordinaire et nous met en contact avec l’interrelation et l’unité de toutes choses. L’homme moderne a perdu le sens du sacré. Il se sent séparé de la nature – dont il oublie qu’il fait partie – et pense qu’il peut la contrôler pour satisfaire ses désirs égoïstes. Il ne considère plus l’arbre comme sacré, mais comme une matière première ou une ressource, qu’il se donne le droit d’exploiter ou de détruire, sans se soucier des conséquences écologiques. Chaque jour, l’avidité de l’homme anéantit des milliers d’hectares de forêts.


L’arbre sacré

Les arbres sacrés, vénérés dans toutes les cultures traditionnelles, sont des symboles qui évoquent la nature spirituelle de la réalité : les plantes, les animaux et les êtres humains, mais aussi le monde minéral et celui des objets. Les rubans de couleurs nous rappellent la nature sacrée de l’arbre et éveillent en nous la pure vision des choses. Ils nous relient au monde insai­sissable de l’énergie et de la lumière, au son du silence, aux subtiles vibrations de la vie et au mystérieux royaume des esprits de la nature : les elfes, lutins, fées, farfadets, sylphes et faunes qui peuplent la forêt.


La vision sacrée

Le sacré et le profane ne sont pas des qualités de l’objet, mais du sujet qui le perçoit. Le sacre d’un arbre ne modifie pas sa nature, mais notre perception. La vision sacrée perçoit la nature subtile des choses, lumineuse et éphémère, leurs multiples interrelations et leur unité essen­tielle. Elle émane du cœur, source d’amour pour tous les êtres, la nature et les dix mille choses. La vision profane perçoit une réalité illusoire : l’aspect matériel, duel et conceptuel des choses. Elle émane du mental, qui imagine un sujet séparé des objets perçus, qu’il se permet d’utiliser, d’exploiter et de détruire, car il ne perçoit ni les liens subtils qu’il entretient avec eux ni l’unité immuable du sujet et de l’objet.


L’art extra-sensoriel

La contemplation des œuvres d’art révèle la dimension sacrée de la réalité et élève le niveau de conscience de l’homme. L’art extra-sensoriel transcende la perception directe des cinq sens. Il nous emmène dans le royaume des formes pures et celui du sans-forme, le monde invisible dont émane et où se résorbe le monde phénoménal. Il donne ainsi une autre dimension à notre perception de la réalité et éveille notre pure conscience et le sentiment de paix et d’harmonie qui englobe toutes choses.


La spirale arc-en-ciel

Plutôt que sacre ou consécration, cette cérémonie est une célébration du sacré, notre véritable nature. Comme l’arbre, les pieds bien ancrés sur le sol et les bras levés vers le ciel, retrouvons notre plénitude, lumineuse et joyeuse, au-delà de l’espace et du temps. Laissons-nous entraî­ner dans la spirale arc-en-ciel, l’aile déployée du vortex de l’Arbre sacré. Quand les formes se dissolvent dans l’espace, les couleurs dans la lumière et les sons dans le silence… il reste la pure présence de l’instant ! Alors, l’inexprimable vision du sacré – émerveillement, respect, gratitude – résonne dans le silence de notre cœur. 


Créé par Pierre Wittmann